L'Avventura

L'Avventura
L'Avventura, film de 1960, réalisé par Michelangelo Antonioni

résumé: Anna part en bateau avec Claudia sa meilleure amie et Sandro, son amant, pour faire une petite croisière privée en méditerranée. Lors d'un arrêt sur l'île volcanique de Lisca Bianca, après une petite dispute avec Sandro, Anna se met un peu à l'écart du groupe puis disparaît mystérieusement. Sandro et Claudia commencent donc des recherches pour la retrouver, mais assez rapidement ils tombent amoureux l'un de l'autre. Anna finit alors par ne devenir pour eux qu'un lointain souvenir.

casting:
Gabriele Ferzetti: Sandro
Monica Vitti: Claudia
Lea Massari: Anna

critique:
__Le film débute comme un film policier. De jeunes gens partent faire une croisière en mer Méditerranée, mais au cours d'une escale, Anna, dont l'amour pour Sandro bat de l'aile, disparait mystérieusement, sans laisser la moindre trace. On pourrait donc s'attendre, avec la disparition en début de film de celle qui était présentée comme l'héroïne, à un "Psychose" bis, et pourtant, les deux films n'ont absolument rien à voir. En effet, dans le film de Alfred Hitchcock (sortit en novembre 1960, donc à peine deux mois après "L'Avventura"), même si l'héroïne meurt violemment dès les premières minutes du film, elle reste tout du long au sein de l'intrigue, et sa présence continue de peser sur les spectateurs mais aussi sur les personnages et sur l'intrigue. Alors que dans "L'Avventura", passées les premières inquiétudes de ses proches et les premières recherches sur l'île, Anna (la disparue) est vite oubliée à la fois par les personnages qui continuent leurs recherchent sans trop y croire et surtout en finissant par ne plus vouloir son retour, mais aussi par le réalisateur qui décentralise son intrigue en laissant de côté l'enquête policière (aui aurait-été de rigueur, voir "Psychose") et en se concentrant sur l'idylle naissante et se confirmant entre Claudia et Sandro. Mais le spectateur, lui, n'oublie pas Anna, et espère jusqu'à la dernière minute que les deux "nouveaux protagonistes" finiront par la trouver ou au moins par découvrir les raisons de sa disparition et la manière dont elle a disparue. Mais plus le film avance et, comme dis précedemment, plus l'enquête policière est laissée de côté, plongeant le spectateur dans un climat d'incertitude, de questionnement: quel est la vraie intrigue? où le réalisateur veut-il nous emmener? peut-on lui faire confiance, vu qu'il nous a déjà trahis sur le contenu de l'histoire?

__Alors on choisit de se laisser guider, et grand bien nous en fait, puisqu'il s'agit là du but de Antonioni: nous emmener sur des terrains que nous ne connaissions pas, qui n'avaient jamais été explorés jusqu'alors. Un peu comme Buñuel le fait dans "Le Chien Andalou" et ses autres films surréalistes, en fin de compte. Sauf que là, pas grand chose de surréaliste, juste une confiance que le réalisateur demande qu'on lui donne pour nous emmener vers quelquechose de nouveau. Car si on y regarde de plus près, il n'y a finalement rien d'anormal dans toute cette histoire. Des gens tombent amoureux partout dans le monde sans que personne ne s'en offusque, alors pourquoi pas le fiancé et l'amie d'une jeune disparue? Et c'est cela qui interesse Antonioni dans ce film: montrer les personnages. Dans un film classique, la réalité est rendue lisse, changée pour être rendue plus facilement compréhensible pour le spectateur. Tout y est prémâché, et on n'a donc plus qu'à se concentrer sur l'action. Chez Antonioni, c'est l'inverse qui se passe. Son film ressemble à une armoire en kit dont on aurait pas donné le mode d'emploi pour la monter. Les liens, les rapports entre les Hommes ne sont en rien simplifiés, et Antonioni dresse donc un constat brutal, dans lequel les personnages définissent le récit, et non l'inverse. Les diverses personnalités des personnages définissent ce qui va se passer ensuite, comme quelquechose de naturel, d'inévitable, et Antonioni se contente de filmer cette sorte de fatalité, et l'expose sans fioriture aux spectateurs.

__Les personnages errent seuls dans le monde, et cette solitude leur fait peur (voir le passage au village de Notto, et l'ensemble du film ou il y a vraiment peu de personnages, sauf quelques (rares) passages comme celui avec les journalistes autour de la star). Dans ce monde de solitudes, ils cherchent une épaule pour se reposer et n'être plus seul, et c'est donc tout naturellement que lorsque Anna disparait, augmentant leur vide affectif, Claudia et Sandro finissent assez rapidement par tomber dans les bras l'un de l'autre. Significatif de cette vision des choses, deux scènes. D'abord, juste après la disparition d'Anna, sur l'île de Lisca Bianca au paysage noir et très rocailleux, lunaire en somme, où tous les personnages font leur recherche dans leur coin, entrant et sortant du cadre les uns à la suite des autres, sans réelle logique, agards. Puis après, de manière encore plus explicite la scène qui se passe au village abandonné de Notto, où la seule réponse de Claudia a sa question ("y-a-t'il quelqu'un?") n'est que l'echo de sa propre voix. D'ailleurs elle finira par le dire elle même, c'est lugubre, et elle ira se réconforter la scène d'après dans les bras de Sandro.

__Mais en voyant la fin de "L'Avventura", on peut se demander si ces personnages ont réellement envie de sortir de leur solitude. En effet, si ce n'est le petit geste final de Claudia effleurant la tête de Sandro (et celui-ci reste timide, très timide même), on peut se demander si cela va suffir à nos deux "héros" à fonder un couple stable comme ils l'espèrent (ou du moins comme Claudia l'espère, car on en sait effectivement beaucoup moins sur les sentiments de Sandro). "L'Avventura" est donc un film très complexe, très difficile (voir impossible) à comprendre du premier coup (comme tous les films de Antonioni) et avec certains côtés pouvant nous rester, à nous spectateurs, totalement inaccessibles ce qui pourrait gâcher un peu notre plaisir, mais dont l'histoire et surtout la manière dont elle est traitée demeurent véritablement passionantes.

critique écrite par Tagazok

ma note: 16/20

votre note (moyenne de vos notes): 4/20 (une note).

La réplique du film:

# Posté le samedi 01 mars 2008 22:39

Modifié le mardi 09 septembre 2008 19:30

Le Silence des agneaux

Le Silence des agneaux
Le Silence des agneaux, film de 1991, réalisé par Jonathan Demme

Titre original: The Silence of the lambs (Film américain)

résumé: Clarice est une jeune élève à l'école de police formant les agents du FBI. Et pourtant, malgrès son jeune âge, c'est elle qui est chargée d'interroger le docteur Hannibal Lecter, un tueur en série cannibal emprisonné dans une prison haute-sécurité pour malades mentaux, mais qui est aussi et surtout un éminent psychiatre, doué d'un très grand sens de l'analyse psychologique des gens. Au cours de son interrogatoire, Clarice va devoir convaincre Hannibal de l'aider à dresser le portrait psychologique, voire même dévoiler le vrai nom, d'un dangereux psychopathe auteur déjà de cinq meurtres particulièrement horrible sur des jeunes filles et qui se fait surnommer "Buffalo Bill".

casting
Anthony Hopkins: Dr Hannibal Lecter
Jodie Foster: Clarice Starling
Scott Glenn: Jack Crawford
Ted Levine: Jame 'buffalo bill' Gumb

critique:
__Film faisant partie des trois seuls à avoir reçu les 5 oscars les plus importants (meilleur film, réalisateur, scénario, acteur et meilleur actrice) avec "Vol au dessus d'un nid de coucou" de Milos Forman et "New-York - Miami" de Frank Capra, "Le Silence des agneaux" et de ce genre de films d'horreur qui arrivent à nous transporter dans un monde aux apparences normales, mais qui pourtant nous terrifient et ne nous lâchent pas une seule seconde du début à la fin, prenant le spectateur aux tripes. C'est l'histoire d'une femme dans un monde d'hommes, de cette même femme qui fait la rencontre, pour les besoins d'une enquête, d'un dangereux psychiatre cannibal incarcéré dans une prison haute sécurité, et de la façon dont il va la tester psychologiquement, jouer avec elle avant de décider s'il va oui ou non l'aider dans son enquête, et jusqu'où il va l'aider.

__Dans ce film, Jonathan Demme se démarque des précédents thriller horrifiques pondus par l'industrie hollywoodienne en donnant un tour plus réaliste au décors et aux costumes utilisés, ainsi qu'aux scènes montrées. Finis les lieux et habits saturés en rouges, finis les effusions de sang avec tripes et boyaux qui sortent du bide des victimes, ici, l'héroïne est habillée de manière sobre, assez neutre et normale, comme les autres personnages et les quelques passages sanguinolents ou violents n'ont rien de surnaturels, et ont tous une utilité dans l'histoire, une importance, un rôle à jouer dans le bon déroulement de l'intrigue. Pas non plus d'histoire d'amour annexe inutile et improbable venant se rajouter, rien donc qui ne soit duement justifié par le scénario. Et pourtant, la tension est là, bel et bien présente, venant de l'inconnu, du fait que Jonathan Demme prend le spectateur à contre pied de ses attentes, présentant par exemple un Hannibal Lecter totalement calme, poli, de première apparence tout à fait normale alors que l'on s'attendait à voir apparaître devant nous un stéréotype de fou furieux défiguré par la démence (surtout après avoir vu les quelques autres cas sociaux emprisonnés dans le même couloir, quand on sait que Hannibal est le pire de tous). Ou en faisant fî des règles habituelles de la réalisation en filmant assez souvent Anthony Hopkins de front, le forçant à fixer la caméra pour regarder le spectateur dans les yeux, et ainsi le mettre mal à l'aise, comme si c'était dans son esprit et non dans celui de Clarice que Hannibal tentait de pénétrer. C'est tout ce genre de petits détails qui font la force de ce film, qui le rendent si perturbant et hautement terrifiant et font qu'il a la réputation d'être l'un des plus grand thriller horrifiques de l'histoire du cinéma.

__Cependant, on peut regretter un peu le fait que, même si le niveau du film reste très élevé tout au long du métrage, il perd légèrement en puissance à partir du moment où Hannibal s'est échappé, et où Clarice est donc laissée seule pour résoudre l'enquête. En effet, à partir de ce moment, on n'assiste plus à ces tête à tête qui faisait le charme de la première partie. Mais que le spectateur se rassure, ce n'est pas pour autant que le réalisateur n'a plus rien à raconter et qu'il va se laisser aller. Non, là encore dans cette deuxième partie, le film recèle quelques prouesse notamment dans la photographie, avec tout ce long plan final vu entièrement à travers les lunettes de visée nocturne de James "Buffalo Bill" Gumb, qui est tout simplement génial.

__Mais tout en étant un très bon thriller horrifique, "Le Silence des agneaux" est aussi un pur film féministe, dans la même veine qu'un "Alien" qu'un "Thelma et Louise" ou qu'un "Fargo". En effet, ce genre de film est la très bonne occasion de prendre pour héros une héroïne, en la faisant évoluer seule dans un monde d'homme qui la sous-estiment et au final, lui compliquent la tâche. Et Jonathan Demme saute sur l'occasion, en prenant une héroïne jeune, Clarice Starling, superbement interprétée par Jodie Foster, quitte même à créer une incohérence dans le fait que jamais un (ou une) élève, aussi doué soit-il, ne se verrait confier par le FBI un cas aussi difficile et dangereux, et aux conséquences pouvant être désastreuses en cas d'échec (on parle quand même de la vie de personnes qui est mise en danger). Ce caractère assez extraordinaire de la présence d'une femme dans un monde d'homme est d'ailleurs souligné de manière très peu subtile par moment, comme dans la morgue, lorsque Clarice demande, de manière calme mais ferme et résolue, à la dizaine de policiers (tous des hommes) de sortir de la pièce pendant l'autopsie. Cette héroïne, à la différence de beaucoup d'autres, ne joue pas de ses formes auprès des hommes pour arriver à ses fins, et d'ailleurs, rien que l'idée de devoir charmer pour arriver à quelque chose la rebute (voire sa première rencontre avec le Docteur Chilton). C'est donc sans utiliser ses atours féminin qu'elle résout pleinement son enquête, et arrive ainsi à se placer comme l'égale de l'homme, et même à se montrer comme supérieure à lui, puisque dans le même temps son supérieur Jack Crawford suit une fausse piste.

__Oeuvre féministe et thriller horrifique des plus réussis, "Le Silence des agneaux" est un film qui a marqué son temps et qui encore aujourd'hui, 17 ans plus tard, fonctionne à merveille. Gageons que cette efficacité fonctionne encore longtemps, car les ingrédients utilisés par Jonathan Demme ont tout des ingrédients intemporels qui forment ce que l'on appelle des films cultes.

critique écrite par Tagazok

ma note: 17/20

votre note (moyenne de vos notes): 12,67/20 (moyenne de trois notes).

La réplique du film :
"- J'ai été interrogé par un employé du recensement. J'ai dégusté son foie avec des fèves au beurre et un excellent Chianti" [/

# Posté le jeudi 13 mars 2008 17:07

Modifié le mardi 09 septembre 2008 19:29

Le Figurant

Le Figurant
Le Figurant, film de 1929, réalisé par Edward Sedgwick et Buster Keaton

Titre original: Spite Marriage (Film américain)

résumé: Elmer, un pauvre garçon timide et maladroit bien que très futé, employé dans un pressing, est amoureux de l'actrice Trilby Drew qu'il va voir tous les soirs jouer dans sa pièce de théâtre, tout en rêvant de jouer le rôle du soldat nordiste qui l'embrasse à la fin. Remarquant l'effet qu'elle a sur Elmer, Trilby décide de se servir de lui en l'épousant afin de rendre jaloux Lionel, son ancien amant qui viens juste de la quitter pour une autre. Mais Elmer n'a pas vraiment dis son dernier mot et va tenter par tous les moyens de la séduire. Mes ses tentatives seront vaines, et elle finira par le quitter. Il essaiera donc de l'oublier, mais recroisera bien vite sa route de manière inopportune, sur un bateau qui se fait aborder par des gangsters. Le concours des circonstances faisant qu'il soit le seul avec Trilby à bord du bateau lorsque les gangsters arrivent, Elmer va tout faire pour sauver celle qui s'est servit de lui mais qu'il n'arrive cependant pas à haïr. Devant tous les efforts et le courage de Elmer pour les sortir de ce pétrin, Trilby va finir par réellement tomber amoureuse de lui.

casting
Buster Keaton: Elmer
Dorothy Sebastian: Trilby Drew
Edward Earle: Lionel Benmore

critique:
__Sortit en 1929, "Le Figurant" est le tout dernier film muet de Buster Keaton, et aussi l'un de ses derniers succès puisque celui qu'on surnommait "l'homme au visage de pierre" ne survivra pas à l'arrivée du cinéma parlant. Comme pratiquement toujours chez Buster Keaton, l'intérêt du film ne réside pas dans le scénario, finalement assez mince, mais réellement dans l'enchaînement semblant sans fin de gags qui ne laissent aucun répis aux spectateurs, et faisant apparaître de manière plus qu'évidente les gestuelles et une certaine forme de mise en scène qui a très fortement influencé et inspiré d'autres cinéastes comiques comme par exemple Charlie Chaplin. En effet, on remarque dans ce film, comme dans les métrages de Chaplin, un certain atrait pour le comique de répétition, comme par exemple ces scènes ou hésitant entre saluer du chapeau ou en serrant la main, Elmer répète de manière robotique plusieurs fois le même geste d'affilée, créant une forte confusion entre lui et son interlocuteur, et des éclats de rire parmi les spectateurs.

__On remarque aussi très facilement dans ce film l'attrait de Buster Keaton pour les cascades, le personnage d'Elmer se retrouvant, comme la plupart des personnages de Buster Keaton dans ses courts ou longs métrages, dans des situations toutes plus improbables les unes que les autres, mais aussi toutes plus hilarantes les unes que les autres. Ainsi au courts du film, Elmer se retrouvera en haut du mat d'un bateau, suspendu au dessus de la mer, sautant d'une voiture en route, j'en passe et des meilleures, et tout cela sans que Buster Keaton n'ai fait appel une seule fois à un cascadeur, se démarquant donc fortement des autres acteurs de son temps ou d'aujourd'hui, qui pour la plupart faisaient ou font appel à des doublures pour un oui ou pour un non.

__Comme je le disais en début d'article, le schéma narratif du "Figurant" est, comme toujours chez Keaton, extrêmement simpliste, s'apparentant finalement aux scénarios de la grande majorité de ses autres films. On retrouve donc ici tous les ingrédients scénaristiques des plus grands films de Keaton: un jeune homme plutôt chétif, des plus timides et maladroits (les deux allant toujours de paire chez Keaton) et amoureux d'une femme qui semble inaccessible car trop belle, ou d'un rang social trop élevé (ici les deux) mais qu'il va finir par séduire à force d'ingéniosité et à la suite d'évènements pour le moins incongrus. Comme chaque fois, Buster Keaton joue donc sur son physique de gringalet qui va montrer au monde qu'il vaut autant sinon plus que tous les autres balourds qui l'entourent (figure qu'on retrouvera aussi chez Charlie Chaplin d'ailleurs). Qu'il monte de nouveaux gags sur ce thème, ou qu'il en réutilise des anciens déjà moult fois montrés et remontrés, cela fait toujours mouche et déride toujours avec la même efficacité les zygomatiques des spectateurs que nous sommes. Utilisant la ruse et sa jugeote, Elmer comme tous les autres personnages de Buster Keaton finira par arriver à ses fins et ravir la belle demoiselle tant convoitée, au nez et à la barbe de tous les autres prétendants, bien bâtis mais sans aucune sensibilité ni aucune imagination, morale certes quelque peu niaise et naïve, mais un thème pour le moins intemporel (l'être intérieur plus important que l'être extérieur) que peu d'autres cinéastes ont réussis à aborder avec un tel génie.

critique écrite par Tagazok

ma note: 18/20

votre note (moyenne de vos notes): Ce film n'a encore été noté par aucun des visiteurs de ce blog

La réplique du film:
"- Qu'est ce qu'une blessure pour un gars du Sud?"

# Posté le samedi 26 avril 2008 10:27

Modifié le mardi 09 septembre 2008 19:33

Parceque pour moi le meilleur réalisateur de tous les temps c'est lui ... Luis Buñuel

Parceque pour moi le meilleur réalisateur de tous les temps c'est lui ... Luis Buñuel
Luis Buñuel, né en 1900 à Calanda en Espagne et décédé le 29 juillet 1983 à Mexico.

Biographie:
Fils de Leonardo Buñuel, un paysan aisé qui avait fait fortune dans la vente d'armes à Cuba, puis était revenu vivre en Espagne, à Calanda. A 45 ans, Leonardo y rencontre Maria Portoles, une jeune femme de 18 ans, qu'il épouse. Ils auront 7 enfants (4 filles et 3 garçons), dont Luis est l'aîné.

Luis Buñuel est né en 1900 à Calanda. Très tôt, ses parents déménagent à Saragosse, mais continuent à aller passer leurs week-ends à Calanda, et Luis Buñuel sera fortement influencé par cette petite ville et ses coutumes, toutes liées à la religion catholique, dont on retrouvera beaucoup de références dans ses films. Sa famille est d'ailleurs très pieuse, et Luis est lui même très croyant jusqu'à l'âge de 14 ans, où il devient athé après avoir découvert des auteurs comme Darwin ou Nietzsche.

En 1917, il entre à la Résidence des Etudiants de Madrid, où il découvre le mouvement ultraïste, un mouvement découlant du dadaïsme et par certains aspects précurseur du surréalisme. En 1919, il rencontre le poète et dramaturge Federico Garcia Lorca, qui viens d'arriver à la Résidence, et avec qui il devient très ami. En 1922, c'est au tour de Salvadore Dali d'arriver à la Résidence. Le peintre deviendra très ami avec Garcia Lorca et Buñuel, et les trois formeront un trio inséparable. Durant ces années passées à la Résidence, Luis découvre les films de Buster Keaton, qu'il affectionne énormément, mais sa vocation de réalisateur lui vient en 1921, lorsqu'il voit "Les 3 Lumières" de Fritz Lang.
Luis Buñuel quitte la Résidence en 1924.

En 1925, il arrive à Paris. C'est aussi cette année là qu'est publié le Manifeste du surréalisme d'André Breton. Il va aller passer quelques mois aux Etats-Unis pendant l'année 1928, où il revendique déjà une certaine liberté de penser. Par exemple, alors qu'il est embauché sur le tournage de "La Chute de la maison Usher" de Jean Epstein, il quitte le tournage car il refuse d'y accueillir Abel Gance, dont il avait vivement critiqué un film quelques années avant.
En 1929, c'est l'année du succès et de la reconnaissance pour lui. Il réalise "Un Chien Andalou", dont il a co-écrit le scénario avec Salvadore Dali, et dont l'argent nécessaire au tournage lui avait été donné par sa mère. Ce seul film lui vaut d'être accepté d'office dans le cercle très fermé des surréalistes.
Suivent en 1930 "L'Age d'or" et en 1932 "Las Hudres" ("Terre sans pain" en VF, qu'il pourra tourner grâce au don de 20 000 pesetas que lui fera un ami anarchiste qui venait de gagner à la loterie).

En 1934, il se marie avec Jeanne Rucar, qu'il avait rencontré en 1925 à son arrivé à Paris, et à laquelle il restera fidèle toute sa vie.
Entre 1931 et 1936, il se contente d'aller superviser quelques doublages espagnoles de films américains, ou de tenir le poste d'assistant réalisateur sur quelques tournages.
En 1936, c'est le début de la guerre civile espagnole, et Federico Garcia Lorca est très rapidement arrêté et exécuté. Cette mort soudaine de son grand ami va profondément attrister Luis Buñuel.
De 1939 à 1945, il s'exil aux Etats-Unis, ou il est embauché au Musée d'arts modernes. Mais sa place dans ce musée est compromise en 1942 par la parution de "La Vie secrète de Salvadore Dali", autobiographie du peintre dans laquelle il raconte que "L'Age d'or" est un film blasphématoire et que Buñuel est athé. Son licenciement du musée d'art moderne accentue son désespoir, et il cherche tant bien que mal à gagner sa vie en travaillant dans des restaurants ou en travaillant sur le doublage en espagnoles de films d'Hollywood.

En 1946 cependant, Luis Buñuel revient à la réalisation avec "Gran Casino" qui a un succès assez relatif. Mais c'est avec "Le Grand Noceur" en 1949 qu'il renoue vraiment avec un succès public, et avec "Los Olvidados" en 1950, prix de la mise en scène à Cannes en 1951, qu'il retrouve un succès total et qu'il retrouve aussi la reconnaissance de ses pairs qu'il avait jusqu'alors perdue.
S'ensuit pour lui une période des plus prolifiques, puisqu'il réalise entre 1950 et 1955 pas moins de 13 films, dont les connus "Les Aventures de Robinson Crusoé" (1952), "El" (1952), "Les Hauts de Hurlevent" (1953) ou encore "La Vie criminelle d'Archibald" (1955).
En 1958, il remporte le prix international du jury à Cannes pour "Nazarin".
En 1961, consécration suprême, il remporte la palme d'or à Cannes pour "Viridiana", film qui sera interdit en Espagne jusqu'à la mort de Franco.

A partir de son retour à la réalisation en 1946, Luis Buñuel ne connaîtra plus aucune période trouble, et va enchaîner les succès les uns après les autres, jusqu'en 1977 ou il mettra définitivement fin à sa carrière avec "Cet obscur objet du désir", dernier film d'une filmographie qui en comptera donc 32.
Luis Buñuel meurt le 29 juillet 1983 à Mexico.


Filmographie (entre parenthèses les titres en VO):
1928 : Un chien andalou
1930 : L'Âge d'or
1932 : Terre sans pain ("Las Hurdes")
1946 : Gran Casino
1949 : Le grand Noceur
1950 : Los Olvidados
1950 : Susana la perverse
1951 : Don Quintin l'amer
1951 : Une femme sans amour
1951 : La Montée au ciel
1952 : L'Enjôleuse
1952 : Les Aventures de Robinson Crusoé
1952 : El
1953 : Les Hauts de Hurlevent (abîme de passion)
1953 : On a volé un tram
1954 : Le fleuve de la mort
1955 : La vie criminelle d'Archibald de la Cruz
1955 : Cela s'appelle l'aurore
1956 : La Mort en ce jardin
1958 : Nazarin
1959 : La fièvre monte à El Pao
1960 : La jeune fille
1961 : Viridiana
1962 : L'Ange exterminateur
1963 : Le Journal d'une femme de chambre
1964 : Simon du désert
1966 : Belle de jour
1968 : La Voie lactée
1969 : Tristana
1972 : Le Charme discret de la bourgeoisie
1974 : Le Fantôme de la liberté
1977 : Cet obscur objet du désir

# Posté le lundi 12 mai 2008 20:31

Modifié le lundi 08 septembre 2008 20:42

Mes courts-métrages (1) - Pour rester en vie restons cachés

Voilà, je vous présente mon premier court-métrage, réalisé et monté entièrement par moi il y a deux ou trois semaines.
La personne qui joue dedans, c'est moi aussi; en fait, j'étais un peu beaucoup tout seul pour réaliser l'intégralité de ce petit film, et même si le résultat est très court, ç'a été assez fatigant.

Je suis conscient que c'est pas super, mais hésitez pas à donner votre avis au sujet de ce film, qu'il soit bon ou mauvais.

# Posté le lundi 07 juillet 2008 17:31