Phantom of the Paradise

Phantom of the Paradise
Phantom of the Paradise, film de 1974, réalisé par Brian de Palma

Titre original: Phantom of the Paradise (film américain)

résumé: Winslow Leach est un jeune compositeur plein de talents, qui vient de finir d'écrire une partition d'opéra rock reprenant le thème mythique de Faust. Swan quant-à lui est les plus grand producteur de musique au monde, avec son studio Death Records, et est à la recherche de jeunes talents pour l'inauguration de son tout nouveau palais du rock, le Paradise. Malheureusement pour Winslow, Swan est simplement interessé par ses partitions, et les lui vole, avant de le faire enfermer pour trafic de drogues. Winslow arrive finalement à s'échapper, et défiguré et ayant perdut sa voix, il revient au Paradise pour saboter les plans de Swan. Puis il arrive à un accord avec Swan, qui lui offre de reécrire son opéra, officiellement cette fois si, et lui fait signer un drôle de contret. Mais là encore, les plans de Swan sont tout différents de ces dires ...

casting:
William Finley: Winslow Leach
Paul Williams: Swan
Jessica Harper: Pheonix

critique:
__Phantom of the Paradise est le film qui a lancé la carrière de Brian de Palma, et quand on le voit, on comprend que ce succes était bien plus que mérité, annonçant une carrière des plus brillante pour le futur réalisateur de Carrie, L'Impasse, Scarface, Blow out, Mission: Impossible 1, et bien d'autres encore ...

__Tout d'abord, le film commence sur une musique qui doit bien figurer dans la liste des plus magnifiques musiques de génériques, mettant le spectateur en haleine, et lui faisant miroiter les magnifiques musiques qui vont suivre. Car Phantom of the Paradise est avant tout une comédie musicale pop-rock, reprenant le thème bien connu du mythe de Faust (mais si, vous savez, ce charmant jeune homme devenu vieux, qui signe un pacte avec le diable pour avoir la jeunesse éternelle ...).
Mais l'inspiration de ce film ne vient pas que de Faust, même si ça en est le sujet principal, puisque les décors, de part leur agencement et leur disposition, ne peuvent empêcher le spectateur de penser au "Cabinet du docteur Caligari", réalisé par Robert Wiene, maitre du mouvement expressioniste dans le domaine du cinéma. La mise en scène d'ailleurs utilise au mieux ses décors magnifiques, étayant d'une façon extrêmement bien faites un scénario des plus réussit.

__Car en effet, si aux premiers abords (après une lecture du synopsis par exemple) on pourrait croire à une simple adaptation du mythe de Faust, il n'en est rien, car Brian de Palma tourne le scénario à sa façon, arrange, et ficelle le tout de telle manière que le spectateur ne découvre le véritable lien avec Faust (mis à part l'opéra rock écrit par Winslow) que vers la fin du film, d'une manière des plus étrange, mais d'ailleurs, qu'est ce qui n'est pas étrange dans ce film? Même la façon dont le film est tourné est étrange. Car De Palma passe du ralentit à l'accéléré, du split screen au multi-angles (ou l'inverse), ou bien d'autre chose encore, ce qui crée un cocktail pour le moins casse gueule. Et d'ailleurs, un autre que Brian de Palma ce serait certainement "cassé la gueule" (et son film avec), mais De Palma marche tout au long de son film à la limite du faisable, mais justement, cette limite est très bien choisie, car à aucun moment le film n'est ridicule, et à aucun moment, Brian de Palma n'en fait trop dans sa mise en scène, donnant au final un superbe film, relevant presque du miracle au vu donc de la manière de tourner (et oui, c'est ça avoir du génie).

__Phantom of the Paradise est donc régit par une symbiose parfaite entre le visuel, le sonore et le scénario, ce qui est assez rare dans un film, et surtout, par une bande son à couper le souffle, bien qu'ayant subie les effets du temps.
Car, et c'est là le seul défaut que j'ai trouvé à ce film, Phantom of the Paradise est un film jouant énormément sur la musique, en plus de tous les clins d'oeil littéraires à Proust ou à Wilde (et d'autres que je n'ai pas dut voir ...), et cette musique, bien qu'étant très à la mode à l'époque (1974, pour ceux qui auraient oubliés), l'est beaucoup moins de nos jours, ce qui pourrait freiner certains.
Ma critique a cette tournure car personellement, j'adore ce genre de musique, ce genre de décors, et donc à mes yeux, ce film est tout bonnement superbe, mais il est vrai que Phantom of the Paradise subit les effets du temps, et il les subit plutôt mal ...

critique écrite par Tagazok

ma note: 17/20

votre note (moyenne de vos notes): 17,40/20 (moyenne de 25 notes)

La réplique du film:

# Posté le samedi 08 décembre 2007 07:37

Modifié le mardi 09 septembre 2008 19:18

Hook, ou la Revanche du capitaine Crochet

Hook, ou la Revanche du capitaine Crochet
Hook, ou la Revanche du capitaine Crochet, film de 1992, réalisé par Steven Spielberg

Titre original: Hook (film américain)

résumé: Un soir, alors qu'il rendait visite à Wendy devenue vieille, Peter Pan a décidé de rester dans notre monde, acceptant ainsi de vieillir, et a oublié tous les souvenirs qu'il avait du Pays Imaginaire. Il s'est marié à la fille de Wendy, Moïra, est devenu un avocat connu et reconnu dans le monde des affaires, et a eu deux enfants, Jack et Maggie. Jack, l'aîné, a d'ailleurs souvent l'impression d'être délaissé par ce père qui semble plus préoccupé par son travail que par sa famille. Si Peter a depuis longtemps tout oublié du Pays Imaginaire, là-bas, ils n'ont rien oublié de qui il était, et il demeure une véritable icône pour les Enfants Perdus, et un ennemi à vaincre pour le capitaine Crochet et ses pirates. Un jour, Crochet décide donc de forcer Peter à revenir au Pays Imaginaire en enlevant ses enfants. Peter retourne donc, aidé de la fée Clochette, dans ce Pays Imaginaire. Mais tant qu'il ne se sera pas lui même convaincu qu'il est bel et bien Peter, et qu'il a su un jour combattre et surtout voler dans les airs, il sera bien incapable de vaincre le capitaine Crochet et de sauver ses enfants.

casting:
Robin Williams: Peter Pan
Dustin Hoffman: Capitaine James Hook
Julia Roberts: La fée Clochette
Charlie Korsmo: Jack Banning
Amber Scott: Maggie Banning
Bob Hoskins: Mouche
Maggie Smith: Wendy Moira Angela Darling (Grand-mère)

critique:
__Certains films, de par les thèmes qu'ils traitent, de par leur réalisation, de par leurs décors, ont le pouvoir de marquer des générations entières. Et c'est le cas de "Hook, ou la Revanche du capitaine Crochet", qui bien que n'étant pas extrêmement vieux (il est sortit en 1992), peu d'ores et déjà être classé dans la catégorie des films qui resteront à jamais gravés dans la mémoire des enfants qui l'auront regardé. En effet, bien que mal accueillit par les critiques, ce film, qui est selon leur dires le moins bon des Spielberg, a néanmoins réussit à enchanter la plupart des spectateur à sa sortie et continue encore aujourd'hui à nous charmer, en témoigne sa diffusion assez régulière sur nos écrans de télévision.

__ Alors qu'est ce que l'on peut bien reprocher à ce film? Tout d'abord il est clair que le début du scénario, mettant en scène un père qui néglige ses enfants au profit de son travail, n'a rien de bien original, et dès le début du film il est facile de prévoir la fin, forcément heureuse, qui verra ce père pas assez présent se rapprocher de sa femme et de ses enfants. Mais par la suite, à partir du moment ou Hook enlève Jack et Maggie, ce scénario ininteressant et prévisible prend de l'originalité, s'étoffe un peu, pas trop, mais juste ce qu'il faut pour nous garder devant l'écran et nous faire sourire, souvent, devant les multiples rebondissements et péripéties qu'il contient. Mais cependant, même cette partie, bien que prenante, contient aussi quelques (petits) défauts. En effet, les plus grand fans du mythe de Peter Pan, bien qu'ils pourront remarquer certains clins d' oeil à l' oeuvre originelle de James Matthew Barrie (par exemple, le chauffeur qui ramène Wendy, Moira et Peter chez Wendy, au début, n'est autre qu'un ancien "enfant perdu", qui a lui aussi finit par grandir), noteront aussi de grand oublis. Le plus gros d'entre eux est celui des Indiens, à peine mentionnés par le capitaine Crochet à un moment, on ne sait rien, tout au long du film, de ce qu'ils sont devenus. A défaut de les voir apparaître dans le film, il aurait tout de même été bon qu'on en sache un peu plus, non?

__Ensuite, le film commence déjà à souffrir de son âge, car en effet les effets spéciaux sont d'ores et déjà dépassés, même carrément visibles par moment, et plus d'une personne pourrait se mettre à rire devant la raideur des acteurs lorsqu'ils volent. Ajoutons aussi à cela des décors un peu trop propres et soignés, trop gentillet pour faire réellement penser à un univers de piraterie, beaucoup plus sombre et sale dans l'imaginaire générale (il n'y a en effet pas de commune mesure entre ce village pirate là et ceux des films "Pirates des caraïbes", plus coûteux mais bien mieux réussis). Et cet univers pirate beaucoup trop enfantin nuit un peu à l'image que l'on se fait du capitaine Crochet, le rendant moins horrible et inhumain que ce que l'on pourrait penser.
Fort heureusement, les costumes et maquillages des-dis pirates sont eux, vraiment bien réussis, et cette réussite rattrape en partie le ratage des décors. Alors que dans le cas du village des enfants perdus, la tendance s'inverse quelque peu. En effet, les costumes et maquillages des enfants perdus, sans être ratés, sont banals, sans surprise, et donc légèrement décevants, alors que les décors, eux, sont pour le moins réussis, faisant appel à tout ce dont un enfant rêve (skate park, grand huit, terrain de basket, ...), et transformant ce repaire en véritable lieu d'amusement, presque une fête foraine où tout ou presque serait permis, y compris de se battre avec de la nourriture multicolore, sortie tout droit de l'imagination de notre héros.

__Mais le plus gros point fort de ce film, ce qui fait qu'indubitablement, il s'agit là d'un des plus grands films pour enfant, c'est certainement le jeu des acteurs, Dustin Hoffman en tête, au poil dans son rôle de méchant capitaine Crochet. En effet, tous les acteurs jouent leur rôle à merveille, et semblent y prendre un réel plaisir, ce qui n'est pas la chose la plus simple lorsque la plupart des acteurs sont des enfants. Et cela nous laisse imaginer, rêveur, l'ambiance que cela devait être sur le plateau, lors du tournage de scènes telles que la bataille finale ou encore mieux, la bataille de nourriture. Ce film pour enfants à le mérite de leur faire plaisir sans les prendre pour des benêts, malgrès cependant quelques scènes un peu gnan-gnantes. Enfin un film pour enfants que les parents montreront avec grande joie à leurs marmots, et ça fait du bien de voir ça par les temps qui courent, où cela se fait de plus en plus rare.

__ En clair, et malgrès tout, les petits ou gros manquement de ce film se font vite oublier. Et il est clair, en le visionnant, qu'il s'agit là de l'oeuvre d'un fan absolu de Peter Pan qu'est Steven Spielberg, et qui après avoir parsemé ses films de références à son héros (Dans "E.-T. l'extraterrestre", la mère d'Elliot raconte une partie de ce conte à son fils), a voulu écrire lui-même la suite de son histoire préférée. Cette dure tâche a été vraiment bien relevée, avec ce conte qui n'a rien à envier à l'original, a enchanté les enfants à sa sortie et continue à le faire aujourd'hui, mais qui ravit aussi les adultes, auxquels se film à la force de faire se remémorer leur propre enfance.


critique écrite par Tagazok

ma note: 16/20

votre note (moyenne de vos notes): 15,21/20 (moyenne de sept notes)

La réplique du film:

# Posté le lundi 17 décembre 2007 16:07

Modifié le mardi 09 septembre 2008 19:17

Les Maîtres du temps

Les Maîtres du temps
Les maîtres du temps, film de 1982, réalisé par René Laloux

Titre original: Les Maîtres du temps (film français)

résumé: "Allo Jaffar ... J'appelle Jaffar! Ici Claude, réponds! A toi Jaffar ... Jaffar, ici Claude, où es-tu? Tu ne me reçois pas? Je vais enregistrer ce message. Jaffar, ici Claude, je t'appelle de la planète Perdide, hémisphère Nord, 73ème secteur, 16h50 temps universel ... Jaffar, les frelons nous ont attaqué par surprise, ça a été horrible! Annie est morte ... J'essaie d'atteindre la zone des dolongs ... Jaffar, j'ai percuté ... J-je suis coincé ... Je vais envoyer Piel vers les dolongs avec un micro. Porte luis secours je t'en supplie! Fais vite! Par pitié! Adieu Jaffar ... Et merci ... Claude."
Habitants sur la planète Perdide, la famille de Claude est attaquée par des frelons, et sa femme, Annie, est tuée pendant l'attaque. En tentant de fuir avec son fils Piel, Claude a un accident et en meurt juste après avoir pu envoyer à son ami Jaffar un message de détresse pour qu'il vienne récupérer Piel. Il donne ensuite l'émetteur à Piel, qui court se réfugier dans le dolong, forêt le protégeant des frelons. Ce micro sera le seul lien que le petit garçon aura avec Jaffar et son équipage, composé de Silbad, un vieux loubard assez mystérieux, et Matton et Belle, prince et princesse en fuite de leur planète et recherchés. Mais la route jusqu'à Perdide est longue et dangereuse, et Piel n'est qu'un petit garçon, une proie facile pour les Frelons. Cependant, il est en sécurité tant qu'il reste dans le dolong où il s'est réfugié. Oui, mais s'il en sort?


casting:
Jean Valmont: voix de Jaffar
Michel Elias: voix de Silbad
Frédéric Legros: voix de Piel
Patrick Baujin: voix de Jad
Pierre Tourneur: voix de Yula
Monique Thierry: voix de Belle
Yves-Marie: voix de Matton

critique:
__Film le moins connu de la (petite) filmographie de René Laloux, qui en compte trois, Les "Maîtres du temps" n'en est pas moins une pièce maîtresse du cinéma d'animation français. Comme "La Planète sauvage" son prédécesseur, et "Gandahar", troisième et donc dernier film de René Laloux, ce film est tiré d'un roman de science-fiction de Stefan Wul, "L'Orphelin de Perdide", qui livre déjà à l'origine une base plus que solide au niveau de l'histoire, surtout en ce qui concerne toutes les questions des décors des planètes et des vaisseaux. Et après visionnage de ce petit film (il ne dure que une heure et-quart), il est claire que cette adaptation est plus que réussie, à peu près sur tous les points. A peu près, car comme chacun le sait aucun film ne peut être parfait, et celui là ne l'est pas, subissant quelques maigres défauts. Ou plutôt, un seul défaut, mais assez conséquent.

__Sortit sur les écrans français en 1982, "Les Maîtres du temps" est de ce genre de films qui a malgrès lui subit les affres de la vieillesse, avec une animation pour le moins vieillote. En effet, cette animation est pour le moins statique, et lorsque les personnages se mettent à parler, ils font plus penser à des robots qu'à des humains, leurs lèvres bougeant, ainsi un peu que leur mâchoire, alors que le reste de leur visage reste totalement immobile. Et mine de rien, cela est pour le moins gênant. Et dans le même registre, la manière dont les personnages bougent ou se déplacent est par moment un peu trop hachée, robotisée, avec quelques bruitages faisant penser à de vieilles séries Z. Mais celui qui pour ces raisons décrèterait que ce film n'en vaut pas la peine aurait bien tort et passerait à côté d'un magnifique moment de cinéma, tant le reste du film est resplendissant de beauté sur tous les points, et tant donc ces quelques défauts savent se faire oublier. Voyons donc maintenant quels sont les nombreux points forts de ce film.

__Tout d'abord, l'intrigue. Comme dis en début d'article, le film profite déjà à l'origine d'une armature des plus intéressante, mais ce n'est pas pour autant qu'il ne faut pas souligner l'admirable travail des scénaristes (dont Moebius), qui ont réussit à faire de cette oeuvre littéraire une oeuvre cinématographique à part entière. Ensuite, ce qui frappe en premier lieu, et c'est bien normal pour un dessin-animé, ce sont les dessins en eux-même, tous les personnages dessinés entièrement par Moebius, et d'une qualité impressionnante, animation des dialogues mise à part (ceux qui ont déjà lu une BD de Moebius savent de quoi il en retourne). Et les décors, encore plus fantastiques, sont de véritables oeuvres d'art, chaque plan, chaque séquence, est une merveille pour les yeux. On pourrait presque en fermant les yeux, sentir l'odeur des fleurs, le goût des fruits tous plus farfelus les uns que les autres. Et je dis en fermant les yeux, car le tout est servit par une bande son des plus modernes, littéralement planante, remplie d'émotions et de significations sans pour autant entrer dans un pathos trop présent qui aurait tout gâché et englué. Le tout est donc très justement dosé, comme un plat de fraises que l'on arrête de manger juste au moment où l'on sent que si l'on en prend une de plus, cela gâcherait le plaisir que l'on a eu à manger toutes les précédentes.

__Comme beaucoup de réalisateurs, René Laloux est un cinéaste engagé, et s'il a choisit d'adapter ce roman là, c'est bien parce qu'il se prêtait particulièrement bien à faire passer tout un tas de messages plus ou moins philosophiques sur le monde, le rapport des Hommes entre eux, le pouvoir, l'hypocrisie, la méchanceté, ... Mais ces messages ne sont pas assenés de façon lourde et péremptoire, comme c'est (trop) souvent le cas. Non, avec René Laloux, comme dans les films de Miyazaki, les messages ne sont d'ailleurs pas réellement des messages, mais plutôt des interrogations, des pistes de réflexion sur tels ou tels aspects, ce qui rend la chose beaucoup plus douce et acceptable par le spectateur, moins prise de tête. De plus, ces idées, en étant représentées par Jad et Yula (les deux gnomes télépathes les plus attachants jamais croisés dans un film), sont rendues encore plus accessibles au plus grand monde, car énoncées sous formes de dialogues purs, avec des mots simples et presque familiers.

__Malgrès quelques problèmes dans l'animation, "Les maîtres du temps" mérite donc largement sa place au panthéon des dessins-animés, notamment grâce à des décors magnifiés par une musique pour le moins superbe. Mais le superbe de ce film doit aussi à une philosophie abordable par tous, et au fait qu'il peut donc être regardé à plus d'un niveau de visionnage, ce qui en fait donc clairement un film pour toute la famille: là ou les plus petits enfants verront un beau dessin-animé, servit par une belle histoire avec un suspens bien présent et un dénouement plus qu'inattendu, les adultes eux pourront en plus de cela voir une fable philosophique faisant de ce film bien plus qu'un dessin-animé, un poème animé.

critique écrite par Tagazok

ma note: 18/20

votre note (moyenne de vos notes): 18/20 (une seule note laissée pour l'instant)

La réplique du film:
"Les gnomes (tous ensemble, dans une sorte de cacophonie): Fermez vos esprits! Fermez vos esprits!
Belle: Qu'est ce que c'est?
Silbad: La tamorphose des sorcières. Mais faîtes attention, ces petits coquins sont pathes!
Les gnomes (tous ensemble, cacophonie): Fermez vos esprits! Fermez vos esprits! Nous voilà! Nous voilà!
Un gnome (qui s'est posé devant Silbad, Belle et Jaffar): Attention! Fermez vos esprits! Fermez vos esprits!
Silbad (agitant doucement sa casquette devant lui pour le faire partir): Fiche nous la paix, allons allons! ouste!
Le gnome (en lui prenant la casquette et en lui remettant sur la tête): Ferme ton esprit, humain! J'entends tout!"

# Posté le mercredi 16 janvier 2008 20:28

Modifié le mardi 09 septembre 2008 19:20

Duel

Duel
Duel, film de 1971, réalisé par Steven Spielberg

Titre original: Duel (film américain)

résumé: David Mann, un simple employé de bureau sans histoire, prend la route pour se rendre à un rendez-vous de travail. Sur la route, un vieux camion citerne le ralentit, et il décide donc de le doubler. Apparemment mécontent, le conducteur du camion le double à son tour, puis reprend son allure lente. Commençant à perdre patience, David tente de le re-doubler, mais le camion lui bloque la route en zigzagant dangereusement. Commence alors pour David son trajet en voiture le plus éprouvant, car pour lui, conduire ne voudra alors plus dire "se rendre simplement d'un point à un autre", mais "essayer de survivre, pourchassé par cet énorme camion qui manifestement ne veut qu'une chose: sa mort".

casting:
Dennis Weaver: David Mann

critique:
__Il est toujours assez amusant et instructif de voir comment les plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma ont débuté dans ce magnifique métier. Et à ce titre, "Duel", premier long métrage de Steven Spielberg, ne déçoit pas; bien au contraire, car à défaut de nous livrer un très bon film, Steven Spielberg y démontrait déjà toute la virtuosité de sa mise en scène, y étalant quelques éléments clefs, quelques ingrédients qui ont fait et font toujours le génie de ses oeuvres. En effet ni le très court délais de tournage (douze jours, sachant qu'à l'origine le contrat en prévoyait dix), ni le faible budget qui lui avait été alloué pour mener à bien cette expérience (375 000 dollars, ce qui peut sembler gros comme ça, mais qui pour un film, et même pour l'époque, est une somme vraiment minime), ni même le fait qu'il s'agissait normalement, à l'origine, d'un projet de téléfilm, n'ont entamé la volonté de Spielberg de vouloir faire de son mieux. Car en effet, si le film souffre clairement de ce manque de temps et d'argent, il est allé puiser dans un maximum de références, prenant ainsi exemple sur ses modèles, et nous livrant tout de même pour film une magnifique métaphore filée du combat de l'Homme contre la machine (et oui, bien avant Matrix et autres films de science-fiction).

__Mais avant d'aller plus loin, commençons par le commencement. Et au commencement, comme chacun le sait, il y a le scénario. Et celui de "Duel" devait au bas mot tenir sur une feuille de papier cigarette (et encore, format mince), ce qui encore une fois, n'a pas empêché Steven Spielberg d'en sortir une oeuvre pour le moins originale, arrivant à faire de cette histoire pour le moins inintéressante -et qui aurait très bien pu tenir en un court-métrage d'à peine une demi-heure- un véritable film à suspens. En effet, la première chose qui passe par la tête du spectateur avant qu'il ne regarde le film, s'il ne connaît que le résumé et la durée (1h25), doit sûrement être de se demander comment tout ce temps est comblé. Et c'est là que le génie de Steven Spielberg entre en jeu. En effet, en utilisant de long plans avec caméra embarquée (système réellement utilisé pour la première fois dans "Bullit", film sortit trois ans plus tôt, et quand on sait ça, la référence de Spielberg est évidente), il arrive à faire peu à peu monter la tension chez le spectateur, qui sachant pertinemment ce qui va finir par arriver, n'a qu'une envie, voir enfin de quelle manière cela va arriver. Car comme vous l'aurez compris, l'intérêt de ce film n'est pas le moins du monde dans son intrigue, mais dans la manière dont elle va être traitée par le réalisateur, et surtout de quelle manière le dénouement va survenir.

__Durant tout le film, Steven Spielberg joue avec nos nerfs de toute les façons dont il peut, commençant tout d'abord par mettre le doute dans l'esprit du spectateur, qui comme David Mann, est un Homme plein de certitudes. En effet, la voiture de David Mann, une Plymouth toute rutilante, est prise en chasse par un énorme camion citerne rouillé et qui semble juste bon pour la casse. Et pourtant, ce camion a plus de vitesse et une meilleure tenue de route que la voiture. Absurde, me direz vous? certes, mais toujours est-il que c'est bel et bien ce qui se passe sous nos yeux. Et avec ces nouvelles données en mains, le spectateur en arrive à se poser de nouvelles questions: "que va-t-il arriver lorsque le radiateur de la Plymouth va finir par lâcher?" (car on sait effectivement depuis le début, qu'il est défectueux, et l'intrigue étant ce qu'elle est, on sait dès lors qu'il va lâcher, et forcément au moment le plus critique). Ce n'est donc pas le spectateur qui pense par lui même, mais Spielberg lui même qui guide son esprit, grâce à cette mise en scène des plus réfléchies, très Hitchcockienne dans la manière dont le suspens monte, peu à peu, avec ces pics de suspens qui surprennent le spectateur.

__Et toujours dans le seul but d'énerver le spectateur, de faire monter la tension en lui faisant perdre ses repères, on remarquera que tout du long, l'identité du conducteur fou est gardée cachée, et on ne fait qu'apercevoir par moment son bras, qui fait signe à David Mann de le doubler ... pour ensuite mieux le prendre en chasse. Même dans le scène du restaurant, on apprend ensuite qu'il n'est pas parmis les clients, et donc qu'il ne fait pas partit des gens que David Mann suspecte. En effet, quoi de plus frustrant dans un film d'horreur, que de ne jamais voir le tortionnaire du héros, et de ne jamais connaître son mobil s'il existe? C'est qu'en vérité, le tortionnaire, on le voit. Il est même présent dans presque la moitié des plans. Il s'agit en fait du camion. En effet, de nombreux plans rapprochés de l'avant du camion montrent une collection d'un certain nombre de plaques d'immatriculations, installées au dessus du pare-chocs avant comme autant de trophés de chasse. Le camion, alors transformé en une sorte de chasseur sur roue, un ogre né pour "manger" les voitures défaillantes et imprudentes, représente lui même son conducteur, dans une sorte de synecdoque indiquant l'inhumanité de se conducteur fou, par opposition à la Plymouth de David Mann, qui n'est qu'un moyen de transport comme un autre, avec ses avantages et ses défauts. Cela est d'ailleurs mis en valeur à la fin du film, car ce n'est pas la Plymouth qui arrive à battre le camion, mais bien David Mann, qui en utilisant son intelligence (qui est le propre de l'Homme), arrive à abattre le camion, Spielberg métaphorisant ainsi la suprématie de l'Homme sur les machines.

__Pour un premier long métrage, Steven Spielberg frappait déjà fort. Ce petit téléfilm sans prétention finit par conquérir le festival du film d'Avoriaz et part être repris en salle, et ce malgrès de gros défauts non négligeables, lançant la carrière de Steven Spielberg, qui trois ans plus tard, après avoir marqué à jamais la mémoire de tous les conducteurs (comment peut-on désormais ne pas penser à "Duel" lorsqu'on double un camion?) et après un deuxième essai peu concluant ("Sugarland Express", en 1974), confirmera définitivement son talent en marquant à jamais la mémoire de tous les baigneurs avec "Jaws" (1975).

critique écrite par Tagazok

ma note: 14/20

votre note (moyenne de vos notes): 14,25/20 (moyenne de deux notes)

La réplique du film:

# Posté le lundi 28 janvier 2008 15:32

Modifié le mardi 09 septembre 2008 19:21

Amadeus

Amadeus
Amadeus, film de 1984, réalisé par Milos Forman

résumé: En 1781, arrive à Vienne un jeune artiste prodige précédé d'une enviable réputation: Wolfgang Amadeus Mozart. Accueilli avec scepticisme ou enthousiasme à la cour de l'empereur Joseph, il se fait un ennemi acharné d'Antonio Salieri, musicien réputé et compositeur officiel de sa majesté. Salieri se sentant trahi par Dieu décide de faire obstacle à Mozart par tous les moyens.

casting:
Tom Hulce: Wolfgang Amadeus Mozart
Fahrid Murray Abraham: Antonio Salieri
Elisabeth Berridge: Constanze Mozart
Roy Dotrice: Leopold Mozart
Jeffrey Jones: L'empereur Joseph II

critique:
__Avec Amadeus, film biographique du plus célèbre et doué des compositeurs, Milos Forman signait le meilleur film de sa carrière, en réunissant des acteurs et une équipe cinématographique des plus compétente, qui ont réussis à donner à ce film cette épaisseur et ce superbe lui ayant permis de s'accaparer 8 Oscars bien mérités (Meilleur film, Meilleur Acteur, Meilleur réalisateur, Meilleurs dialogues, Meilleurs décors, Meilleur son, Meilleurs costumes, Meilleurs Maquillages).

__Mais la vrai force de Amadeus réside surtout dans la manière dont Milos Forman a montré la vie de Mozart, en étant assez proche, à mon sens, de ce qu'elle avait vraiment été. En effet, Mozart, bien qu'étant un génie de la musique, n'avait pas non plus la science infuse dans ce domaine, ce qui est très bien rendu dans ce film, surtout dans la deuxième partie, lorsqu'on le voie entrain d'écrire les partitions de ses "Noces de Figaro", ou encore lorsqu'il écrit en parallèle "La Flûte enchantée" et son "Requiem". De plus, le caractère joueur, assez imbus de lui même et finalement "éternel enfant" de Wolfgang Amadeus Mozart est lui aussi très bien montré tout au long de ce film, au fil des différentes sottes d'humeurs de l'auteur compositeur, superbement interprété par Tom Hulce (une gestuelle et un rire collant à merveille avec le personnage).

__Cependant, Milos Forman c'est permis quelques libertés, mais qui n'altèrent pas le moins du monde la beauté de son film. Les plus grandes libertés prises se retrouvent pour la plupart en la personne d'Antonio Salieri, joué par Fahrid Murray Abraham, qui était alors à cette période au sommet de sa carrière (Scarface en 1983, Amadeus en 1984, Le Nom de la rose en 1986), et qui arracha à cette occasion l'Oscar du meilleur acteur. En effet, Antonio Salieri a bel et bien existé, et oui, il a été compositeur officiel de l'empereur Joseph d'Autriche, mais la rumeur l'accusant d'avoir organisé la mort de Mozart, reprise dans ce film, n'est pas fondée, et même si Salieri a bien du, légitimement, ressentir une vive jalousie envers Mozart, on sait désormais que le commanditaire du Requiem, dernière oeuvre de Mozart (qu'il n'a jamais finie, elle fut terminée par deux de ses élèves), aurait été le comte Walsegg-Stuppach, qui avait bien évidemment prévu ou de faire découvrir l'auteur à ses amis, ou de s'en attribuer les honneurs.

__Cependant, Salieri fut bel et bien l'une des seules personnes présentes aux obsèques du génie que fut Mozart, et fut aussi l'un des rares à reconnaître pleinement le génie de Mozart.

__Malgrès donc quelques libertés prises par Milos Forman pour réaliser son film, l'oeuvre qui en ressort reste tout simplement un petit bijoux du septième art, dont la scène ou Mozart dicte la fin de son requiem à Salieri, avec cette même partie du Requiem (le Confutatis) jouée en fond sonore, restera je pense pour toujours l'une de mes scènes cultes du cinéma.

critique écrite par Tagazok

ma note: * 20/20 *

votre note (moyenne de vos notes): 18,19/20 (moyenne de 87 notes)

Le réplique du film:

# Posté le mardi 29 janvier 2008 20:02

Modifié le mardi 09 septembre 2008 19:25