Edward aux mains d'argent

Edward aux mains d'argent
Edward aux mains d'argent, film de 1991, réalisé par Tim Burton

Titre original: Edward Scissorhands (Film américain)

résumé: Edward est un garçon charmant, rempli de bonne volonté et réservant une garnde place dans son coeur pour ceux qu'il considère comme ses amis. Mais Edward est la créature créée par un inventeur qui lui a donné un coeur pour aimer et un cerveau pour penser, et Edward n'étant jamais sortit de chez lui, il ne connait personne d'autre que son créateur et ne connait rien du monde extérieur. Et surtout, Edward n'est pas finis, car son créateur est mort avant d'avoir put lui remplacer les ciseaux et autres lames de rasoirs qu'il a au bout des bras par de vrai mains. Après la mort de l'inventeur, il reste donc dans son manoir, jusqu'à ce que Peg Boggs, honorable mère de famille, le trouve par hasard et le ramène chez elle. Edward devient rapidement l'attraction principale de la ville, et la dextérité qu'il a dans l'utilisation de ses ciseaux le rend assez utile à la population. Mais rapidement, les gens se lassent de Edward et commencent à se méfier de lui.

casting
Johnny Depp: Edward aux mains d'argent
Winona Ryder: Kim Boggs
Dianne Wiest: Peg Boggs
Vincent Price: L'inventeur
Anthony Michael Hall: Jim
Kathy Baker: Joyce Monroe
Robert Oliveri: Kevin Boggs
Alan Arkin: Bill Boggs


critique:
__Comme beaucoup d'autres cinéastes ou écrivains avant lui, et notamment comme Werner Herzog et son Enigme de Kaspar Hauser (voir page précédente pour la critique de ce film), Tim Burton s'interesse dans ce film au mythe de l'enfant sauvage, prenant un personnage (ici, Edward) isolé du monde des humains jusqu'à l'âge adulte (ou presque) et qui y est introduit du jour au lendemain, suscitant bien évidemment la curiosité de toute la communauté avoisinante. Cependant, si on compare par exemple L'Enigme de Kaspar Hauser à "Edward aux mains d'argent", on peut remarquer une grosse différence entre les deux. En effet, les deux servent à critiquer la société, mais pas les mêmes aspects de la société. Là où Herzog va se servir de Kaspar pour critiquer l'obscurantisme religieux, Burton va se servir de Edward afin de critiquer le manque de tolérance de notre société actuelle envers les gens "différents", et la méchanceté avec laquelle on peut s'en servir et les rabaisser à la moindre occasion. Ainsi dans le film de Burton, des le début, Edward se montre docile, gentil, et tente de s'intégrer du mieux qu'il peut dans la société sans jamais remettre en cause tout ce que la famille qui la recueillit tente de lui inculquer. Ainsi au début, les gens s'interessent à cet être d'une virtuosité rare, mais s'interessent à lui sans chercher cependant à le comprendre, lui et ses sentiments. C'est pourquoi des la plus petite gaffe qu'il va commettre tous ces gens vont prendre peur et, toujours sans chercher à le comprendre, vont le chasser de leur ville. Et pourtant, Edward, dans sa grande gentillesse, ne va pas leur en tenir rigueur, acceptant l'exil et offrant à ces Hommes qui l'ont chassés, de la neige à tous les noëls, comme pour les remercier malgrès tout de l'avoir accueillit pendant quelques temps et de lui avoir fait rencontrer la belle Kim.

__Mais ne vous inquiétez pas, bien que comportant une morale assez simpliste et représentant une critique assez virulante de l'Homme intolérant, ce film n'en reste pas moins un admirable conte de noël. Tous les décors sont hauts en couleurs, comme les personnages d'ailleurs; les lumières sont éclatantes, on se croierait en fait dans un village de poupées, avec même de la fausse neige sur les toits que l'on clou au moment des vacances de noël pour la ré-enrouler une fois la période des fêtes finie. La première scène du film, avec la caméra qui survole la ville, donne d'ailleurs très fortement l'impression de survoler un village de poupées, tant il est clair que c'est une maquette qui est filmée. Dans chaque plan, chaque image dans laquelle Edward se trouve, la féerie de noël se retrouve, et encore plus lorsqu'il se sert de ses ciseaux pour couper buissons et cheveux afin d'en faire de véritables oeuvres d'arts. La caméra tourne dans les mains de Tim Burton de la même manière que les ciseaux de Edward coupent tout ce qui leur passe dessous, chaque détail a son importance, chaque plan est un cadeau, c'est ça, un véritable conte de Noël.

critique écrite par Tagazok

ma note: 15/20

votre note (moyenne de vos notes): 17,76/20 (moyenne de 41 notes)

La réplique du film:
"-T'es resté trop longtemps enfermé, t'ignores tout du monde des adolescentes hein? Elles sont toquées!"

# Posté le jeudi 19 avril 2007 19:10

Modifié le mardi 09 septembre 2008 18:47

Little Miss Sunshine

Little Miss Sunshine
Little Miss Sunshine, film de 2006, réalisé par Jonathan Dayton et Valérie Faris

Titre original: Little Miss Sunshine (film américain)

résumé: Trois jour avant le concours de beauté pour fillette Little Miss Sunshine, la famille de la petite Olive apprend que leur fille a été sélectionnée pour y participer. Après quelques hésitations qui ne durent pas longtemps, la décision est prise d'emmener Olive avec toute la famille. Deux jours de route commencent donc pour aller jusqu'en Californie où se déroule le concours. Et ces deux jours ne s'annoncent pas des plus calmes, quand on sait que le père est obnubilé par le succés et la réussite, que le grand-père est un héroïnomane obsédé sexuel, que Frank, le beau-frère homosexuel est au bord du suicide depuis que son petit copain l'a largué, que Dwayne, le frère de Olive, qui hait le monde entier a décidé de ne plus jamais parler depuis qu'il a découvert Nietzsche, et que Sheryl, bien qu'étant une mère formidable, n'arrive plus à tous les contenir. Une fois finalement arrivés à bon port, la petite famille Hoover découvre rapidement un univers jusqu'alors inconnu (et à peine soupçonné), celui des concours de beautés pour petites filles gâtées maquillées et déguisées comme des poupées barbies. Mais la venue cette année là de Olive parmis les participantes risque fort de donner une ambiance beaucoup plus rock'n'roll que d'habitude à ce défilé, n'en déplaise aux organisateurs.

casting:
Abigail Breslin: Olive
Greg Kinnear: Richard
Toni Collette: Sheryl
Steve Carell: Frank
Alan Arkin: Grand-père
Paul Dano: Dwayne

critique:
__Petit film sans prétention, "Little Miss Sunshine" fait partie de ces oeuvres dont le succes se fait par le bouche à oreille pour la simple et bonne raison que ce sont de bons films. Des acteurs jusqu'alors inconnus (sauf Steve Carell, qui est un acteur comique commençant à être vraiment connu aux états-unis), un réalisateur qui ne l'était pas plus, un budget plutôt maigre ne permettant pas à ce film de bénéficier de tout l'attirail technique dont bénéficient certains films qui finissent par faire un bide (souvent à juste titre), et pourtant, au final, ce film au scénario pourtant des plus classique enfonce allègrement l'ensemble des autres comédies sorties dans l'année, se posant réellement comme l'une des meilleures réalisation et interprétation de l'année 2006.

__Mais alors, qu'est ce qui a donc bien put faire le succes de ce film? Reprenons du début: le scénario. Rien de bien alléchant à première vue: une famille complètement dépassée par les évènements, au bord de la crise, quoi de plus classique? Une petite fille pas super jolie qui rêve de devenir mannequin? Encore un élément vu et revu dans beaucoup trop de films pour en faire quelquechose de réellement original. Oui mais ... Mais la caméra bouge comme rarement dans ce genre de scénario, les acteurs ont des répliques comme trop rarement un scénariste a osé en écrire, et la critique de la société, souvent lourdement présente dans ce genre de films, sait ici se faire subtile, à peine suggérée, comme un message subliminal, et pourtant si efficace. Les petites filles ultra-maquillées, qui font la fierté de leur parents, sont encore plus vulgaires dans leur attitudes et dans leurs déguisement, que la danse présentée par Olive, et pourtant c'est elle qui se fait virer sans ménagement de la scène, et pourquoi? Parceque son costume n'est pas aussi sophistiqué que celui des autres prétendantes au titre de Little Miss Sunshine, parceque sa danse ose des poses qui sont beaucoup plus "brutales", pas moins vulgaires mais beaucoup moins suggestives. Alors le spectateur rit devant cette scène d'anthologie, paroxysme comique du film, s'amplifiant encore plus lorsque toute la famille monte sur scène pour danser et encourager la petite Olive, malgrès le départ outré des gens dans la salle et les appels de l'organisatrice qui s'époumone à demander à les faire sortir de la scène.

__La musique rock joue aussi un rôle prépondérant dans ce film, montant de plus en plus en intensité, comme le comique des scènes, finissant par créer un climax toujours au même moment, à la fin du concours de beauté, avec le passage de la chanson Superfreak de Rick James sur laquelle la petite Olive fait sa "danse". En conclusion, ce film était vraiment l'un de ceux à ne louper sous aucun prétexte l'an passé, et si vous ne l'avez toujours pas vu, je n'ai qu'un conseil à vous donner: abandonnez tout ce que vous êtes entrain de faire, foncez à la médiathèque ou au DVD-club le plus proche, et louez ce film pétillant de malice dans le jeu des acteurs et d'imagination dans sa réalisation.

critique écrite par Tagazok

ma note: 16/20

votre note (moyenne de vos notes): 17,45/20 (moyenne de vingt notes)

La réplique du film:

# Posté le samedi 19 mai 2007 09:11

Modifié le mardi 09 septembre 2008 18:50

Le Cabinet du docteur Caligari

Le Cabinet du docteur Caligari
Le Cabinet du docteur Caligari, film de 1919, réalisé par Robert Wiene

Titre original: Das Kabinett des Dr Caligari (film allemand)

résumé: Alan et Franzis, deux amis, décident d'aller ensemble à la fête foraine qui s'est installée en ville. Là, un certain Docteur Caligari exhibe Cesare, un somnambule qui serait capable de prédire l'avenir. Alan se laisse alors tenter par l'expérience et demande à Cesare de lui prédire jusqu'à quand il va vivre. La réponse ne se fait pas attendre: d'après Cesare, le jeune homme mourra à l'aube. Alan tente alors d'oublier ce mauvais augure et continue à festoyer avec son ami. Ensemble, ils rencontrent Jane, une jeune femme dont ils tombent tous les deux amoureux, puis le soir arrive et ils vont se coucher. Mais le lendemain, Alan est retrouvé mort dans son lit, poignardé. Franzis soupçonne alors fortement le Docteur Caligari et commence à enquêter sur ce curieux personnage, lorsque la nuit suivante, Jane est enlevée par Cesare qui finit par être arrêté par la foule après qu'il ait abandonné Jane en chemin. Le docteur, lui, s'enfuit de son côté poursuivit par Franzis, et finit par se réfugier dans un asile de fous.

casting:
Werner Krauss : Docteur Caligari
Friedrich Feher : Franzis
Conrad Veidt : Cesare le somnambule
Lil Dagover : Jane
Hans H. von Twardowski : Alan

critique:
__Chef d'oeuvre de Robert Wiene et figure de proue incontestable du cinéma expressionniste allemand, exprimant aussi le malaise allemand à la suite de la guerre de 1914-1918. Utilisant des procédés de colorisation de la pellicules des plus simpliste (la pellicule était tout simplement plongée dans des bains changeant de teinte suivant la lumière) mais pourtant d'une efficacité sure, les scènes de jour sont ainsi rendues jaunes, celles se passant en soirée ou au levé du jour sont rouges pâles et celles de nuit sont bleues, cette coloration servant non seulement pour le spectateur à se retrouver d'un point de vue temporel, mais aussi au réalisateur à renforcer la sensation de malaise déjà provoquée par l'essence même du récit et l'ensemble des décors et des musiques.

__Tout d'abord, il faut savoir que le film a été tourné en studio dans son intégralité, utilisant des décors aux contours exigus, sans un seul angle droit (ou si peu), tous peints par les peintres du groupe Der Sturm (l'orage, en allemand), créant une ambiance cauchemardesque. Nos repères habituels s'en trouvent tout chamboulés, et nous n'avons ainsi pas d'autre choix que de nous laisser guider par les personnages. La musique ensuite, vient amplifier cette ambiance étouffante avec des airs tous plus fous les un que les autres, reflétants l'angoisse des personnages, angoisse se retrouvant aussi dans leurs maquillages ou leurs costumes, à savoir des traits de visage rendus aigus pour Jane, Franzis et Cesare, une mine jouflue et inquiétante d'alcoolique pour le docteur Caligari qui est aussi affublé d'un long manteau avec une canne et un magnifique chapeau haut de forme, oui, tout dans ce film est rendu inquiétant à souhait.

__Et pour finir de perdre le spectateur, le scénario, allié à une réalisation et à un montage pour le moins surprenant, y sont pour beaucoup. Le fait que le film soit en fait raconté par Franzis lui même en début et en fin de film permet de brouiller les pistes, et surtout lorsque l'on se rend compte à la fin que Franzis est lui même un fou interné dans l'asile d'aliénés présenté plus tôt. A partir de ce moment, les croyances du spectateurs sont toutes chamboulées: si Franzis est lui même un fou de l'asile (comme Jane et Cesare d'ailleurs), alors l'histoire qu'il vient de raconter est-elle vraie? Et le directeur de l'asile, qui ressemble étrangement au Docteur Caligari que l'on vient de suivre pendant une heure, qui est-il? Franzis ne serait alors que la nouvelle victime du docteur Caligari; ou est-il vraiment fou?
Tant de questions auquelles seul le spectateur peut répondre, et à partir de là, toutes les hypothèses sont possibles et acceptables, tout le reste n'est qu'une question de point de vue et de perception personnelle du film. Le dénouement du "Cabinet du docteur Caligari" reste donc encore à ce jour l'une des plus grande énigme de l'histoire du cinéma, et c'est ça, aussi, qui contribue à faire de ce film une légende du cinéma.

critique écrite par Tagazok

ma note: 16/20

votre note (moyenne de vos notes): 17/20 (ce film n'a été noté qu'une seule fois par les visiteurs du blog)

La réplique du film:

# Posté le samedi 11 août 2007 16:50

Modifié le mardi 09 septembre 2008 18:51

Full Metal Jacket

Full Metal Jacket
Full Metal Jacket, film de 1987, réalisé par Stanley Kubrick

Titre original: Full Metal Jacket (film américain)

résumé: 1968. Un groupe de jeunes recrues suit un entrainement de huit semaines afin de les faire devenir des marines, ou pour reprendre les dires du sergent Hartman, leur instructeur, pour les faire devenir des machines à tuer. Au bout de huit semaines d'humiliations pendant lesquelles ils sont tous affublés d'un surnom ridicule visant à les rabaisser, ils sont affectés à différents commandos, dont certains partent pour le Vietnam, comme celui de "Guignol", qui a choisit de servir dans un régiment de journalistes de guerre, espérant poursuivre le métier de journaliste une fois la guerre finie. Certains n'en reviendront pas, d'autres, devenus fous à cause de la dureté de leur entrainement, mourront avant même d'y aller. Mais tous resteront marqués à jamais par les évènements qu'ils auront vécus durant cette guerre des plus sanglante.

casting:
Matthew Modine: "Guignol"
Lee Hermey: Sergent instructeur Hartman
Vincent D'Onofrio: Leonard Lawrence dit "Baleine"
Arliss Howard: "Cowboy"
Kevyn Major Howard: "Raptorman"
Kieron Jecchinis: "La brute"

critique:
__Stanley Kubrick est un réalisateur pour le moins eccléctique dans se choix de films. Horreur, comédie, film historique, péplum, il aura touché à à peu près tous les registres possibles, et, chose rare, avec à chaque fois une adresse remarquable. Avec Full Metal Jacket, il s'attaque au film de guerre, avec un point de vue hautement psychologique, un point de vue que peu d'autres réalisateurs ont pris, faisant en grande partie l'originalité du film. Comme tous les films de Stanley Kubrick, Full Metal Jacket est une adaptation adroite d'un livre, à savoir The Short-Timers de Gustav Hasford, qui s'était servit de sa propre expérience en tant que correspondant lors de la guerre du Vietnam pour pouvoir l'écrire.

__J'écrivais tout à l'heure que l'originalité du film venait tout d'abord du point de vue pris par Stanley Kubrick pour le réaliser. En effet, ce film est réalisé à la manière d'un documentaire qui aurait pour sujet de jeunes recrues américaines lors de la guerre du Vietnam. Ce procédé a d'ailleurs été repris par exemple dans le plus récent Jarhead, de Sam Mendes, qui s'est allègrement inspiré de Full Metal Jacket pour faire son film. Full Metal Jacket commence donc avec l'arrivée des bleus et dès le début, le ton est donné par leur instructeur, le sergent Hartman, admirablement interprété par Lee Hermey, et ce n'est pas par hasard, l'acteur ayant réellement occupé ce poste dans l'armée, ce qui vient ici grandement renforcer son charisme et sa crédibilité. L'entrainement des nouveaux marines est dur, très dur, surtout lorsque l'on rajoute l'humiliation que leur inflige le sergent dès les premiers jours. Toute cette partie n'est d'ailleurs pas sans rappeller Orange Mécanique, autre film de Stanley Kubrick dans lequel un délinquant subit un lavage de cerveau afin de le dégouter de la violence. Mais ici, si l'entrainement des jeunes recrues rappelle le lavage cerveau subit par Alex dans le film sus-cité, le but recherché par le sergent instructeur est en fait l'opposé de celui recherché par les médecins de Orange Mécanique. En effet, Hartman veut faire de ses élèves des tueurs, de vraies machines prêtes à tirer sur le premier vietcong qu'elles verront. Certains en ferront d'ailleurs les frais avant même de fouler le sol de ce pays dont ils ne savent rien. Sombrant de plus en plus dans la folie au fur et à mesure que l'entrainement avance, et subissant de plein fouet les brimades et les insultes énoncées par Hartman, c'est le cas de Leonard Lawrence, devenu la tête de turc du sergent qui l'a surnommé Baleine du fait de son physique, ce qui n'arrange rien au fait qu'il ait plus de mal que ses camarades pour enchainer les exercices et réussir les parcours du combattant. Alors "baleine", puisque c'est comme ça que tout le monde le surnomme, finit par parler à son fusil, seule chose qui ne le rejette pas et dont il sache se servir. Son état mental se dégradant de plus en plus sans que personne ne s'en rende vraiment compte, le pauvre jeune homme finira d'ailleurs par se donner la mort après avoir assassiné le sergent, la nuit juste après qu'il ait reçu son brevet de marines de l'armée américaine. Ce personnage de la recrue "Baleine" est interprété à la perfection par Vincent D'Onofrio qui lui donne toute sa profondeur tragique, rendant ce personnage légendaire qui est déjà "dans un monde ... merdique" encore et toujours plus inquiétant au fil de sa plongée dans la folie qui le consume.

__La deuxième partie, consacrée à la guerre du Vietnam sur le terrain cette fois, change complètement de registre. Le personnage de "Baleine" est complètement oublié (car mort) et le personnage de "Guignol" reprend sa place en tant que seul personnage principal. Et pourtant, l'atmosphère du film n'en est pas moins inquiétante. Mais cette inquiétude n'est plus la même que dans la première partie, et la pression dans cette partie monte de manière beaucoup plus graduelle que dans la première partie où dès le moment où Leonard se met à parler à son arme, une seule question trotte dans la tête du spectateur, à savoir "quand va-t-il craquer et commettre une bêtise". Dans cette deuxième partie, l'ambiance démarre légère: "Guignol" et un ami à lui marchandent avec une prostituée vietnamennne les prix qu'elle leur propose pour ses services. Puis la pression monte un peu lorsque "Guignol" met en garde son supérieur à propos d'un attaque dont la rumeur cours qu'elle pourrait avoir lieu pendant la fête du Têt (nouvel an vietnamien), puis encore un peu plus lorsqu'il change de section avec son ami "Raptorman" pour être plus proche des combats. Après quelques attaques sans grands risques, l'unité de "Guignol" est prise au piège par un tireur isolé, scène faisant écho à une autre scène de la première partie, dans laquelle le sergent Hartman apprenait aux futurs marines que les plus grands meurtriers étaient tous des anciens marines de haut niveau, prenant comme exemple principal le meutrier de John Fitzgerald Kennedy. Et c'est dans cette scène, encore plus que dans la première partie, que le génie de Stanley Kubrick est le plus visible. La tension est à son comble, et filmant la scène au plus près de l'action, toujours comme un documentaire, chaque action est rendue encore plus réelle, certains plans filmés de là où le tireur est posté faisant légèrement penser à un film de genre survival. Le spectateur vit réellement la scène en même temps que les personnages, et ressent leurs craintes et leurs angoisses en même tant qu'eux, c'est ça, un grand film de guerre comme on voudrait en voir plus souvent.

__Deux parties réalisées à la manière d'un documentaire, un titre reflétant à lui seul toute la violence et l'horreur de la guerre (les munitions "Full Metal Jacketed" sont un type de balles recouvertes d'une feuille de métal dur, ce qui les rends perforantes sans pour autant neutraliser la cible du premier coups), des acteurs faisant preuve d'un grand talent, surtout pour les interprètes de "Baleine" et du sergent instructeur Hartman, des plans magnifiques, cette oeuvre, si ce n'est pas non plus le meilleur des films de Stanley Kubrick (le meilleur étant pour moi The Shining), n'a cependant pas volé sa réputation et n'a décidémment rien à envier, dans le même genre, à Apocalypse Now ou Voyage au Bout de l'Enfer

critique écrite par Tagazok

ma note: 16/20

votre note (moyenne de vos notes): 17,93/20 (moyenne de sept notes)

La réplique du film:



La réplique du film:
"- Je suis le sergent d'armement Hartman et votre chef instructeur. A partir d'aujourd'hui vous ne parlerez que quand on vous parlera et les premiers et derniers mots qui sortiront de votre sale gueule, ça sera chef, tas de punaises, est-ce que c'est bien clair?

-
CHEF! OUI CHEF!

-
Mon cul ! Je n'entends rien! Montrez moi que vous en avez une paire!

- CHEF! OUI CHEF!!!

-
Si vous ressortez de chez moi les louloutes, si vous survivez à mon instruction, vous deviendrez une arme, vous deviendrez un prêtre de la mort implorant la guerre. Mais en attendant ce moment là, vous êtes du vomi, vous êtes le niveau zéro de la vie sur Terre, vous n'êtesme pas humains bande d'enfois! Vous n'êtes que du branlemangétatif, des paquets de merde, d'amphibiens, de la chiasse.
Pa
rce que je suis une peau de vache, vous me haïrez. Mais plus vous me haïrez et mieux vous apprendrez! Je suis vache, mais je suis réglo. Aucun sectarisme racial ici : je n'ai rien contre les 'Negros', 'Ritals', 'Youpins' ou 'ques'. Ici vous n'êtes tous que de vrais connards, et j'ai pour consigne de balancer toutes les couilles de loups qui n'ont pas la pointure pour servir ma chère uni. Tas de punaises, est-ce que c'est clair?

-
CHEF! OUI CHEF!

- Mon cul! Je n'entends rien!

-
CHEF! OUI CHEF!!!"

# Posté le samedi 11 août 2007 17:37

Modifié le mardi 09 septembre 2008 18:55

Lord of War

Lord of War
Lord of War, film de 2006, réalisé par Andrew Niccol

Titre original: Lord of War (film américain)

résumé: Yuri est un ukrainien dont la famille a émigré aux Etats-Unis alors qu'il n'était encore qu'un enfant. Devenu adulte et ne voulant pas finir comme son père, pauvre restaurateur, il se dirige assez rapidement vers le traffic et la vente d'armes. Commençant tout d'abord en fournissant les mafias de son quartier, puis de sa ville et des Etats-Unis tout entier, sa tchatche et son sens du commerce l'aident à gravir un à un les échelons et Yuri finit par devenir le premier traffiquant d'armes au monde. L'argent engendré par ses affaires clandestines lui permet de mener la vie dont il a toujours rêvé et notamment de séduire Ava Fontaine, la magnifique mannequin. Cependant Yuri est vite suspecté et poursuivit par Jack Valentine, un agent de Interpol qui, heureusement pour Yuri, s'avère être un homme des plus intègre, ne voulant en aucun cas user de manières illégales pour attraper sa proie. Mais même si Yuri finit toujours par s'en sortir sans trop de problèmes, ce n'est pas toujours le cas de ses proches, qui finissent souvent par faire les frais de ses activités pour le moins illégales ...

casting:
Nicolas Cage: Yuri Orlov
Ethan Hawke: Jack Valentine
Jared Leto: Vitaly Orlov
Bridget Moynahan: Ava Fontaine
Eamonn Walker: Andre Baptiste
Ian Holm: Simeon Weisz
Sammi Rotibi: Andre Baptiste Jr

critique:
__Scénariste de "The Truman Show", qu'il n'avait pas put réaliser lui même car les producteurs du film l'avaient jugé pas assez expérimenté pour diriger un tel film, Andrew Niccol s'est depuis rattrappé avec le superbe "Bienvenue à Gattaca" ou encore le à peine moins réussit "S1m0ne". Faisant donc maintenant partit de ces réalisateurs dont nous attendons les films avec toujours plus d'impatience à chaque fois, Andrew Niccol, encore une fois, ne nous a pas déçu avec son "Lord of War", critique acide du traffic d'arme en général. Ce qui frappe tout d'abord dans ce film, c'est le réalisme, la crédibilité qu'il transporte avec lui, arrivant à prendre le spectateur par le col pour le mettre face à cette horrible réalité, sans trop le brutaliser non plus, mais en le remuant juste ce qu'il faut pour lui faire admettre la vérité.

__A aucun moment le personnage de Yuri Orlov, admirablement bien interprété par un Nicolas Cage au sommet de sa forme, n'est jugé par le réalisateur. Ni mis en valeur, ni dégradé, il est simplement filmé tel qu'il est, de façon neutre, et pourtant, plus le film avance, plus le spectateur désapprouve ses actes. Et pourquoi? Tout simplement car "Lord of War" joue sur les sentiments. Au départ, Andrew Niccol force le spectateur à s'attacher à Yuri, en lui prettant des dialogues un minimum comiques (la sène le montrant lors de l'une de ses premières ventes d'armes), en le montrant comme un pauvre immigré ukrainien qui tente seulement de s'en sortir, mais rapidement, il est montré beaucoup plus comme un homme d'affaire sans coeur, se trouvant toujours des excuses pour expliquer pourquoi il continue se travail. Parfois rattrapé par sa conscience, essayant même à un moment d'arrêter complètement ses affaires en tant que traffiquant d'armes, Yuri finira tojours par s'y remettre, tel son drogué de frère qui tente cure de désintoxications sur cure de désintoxication sans succés. Comme si dès que l'on commence quelque chose d'illégal mais de prenant, il était impossible de s'en sortir. D'un côté l'appât du gain, de l'autre l'appât du "bien être" et dans tous les cas la dépendance à quelquechose, dans ce film, chacun est tôt ou tard rattrapé par ses démons intérieurs.

__Le personnage de Yuri, aussi réaliste puisse-t-il paraitre, est en fait un personnage totalement fictif, inventé de toutes pièces par Andrew Niccol, qui s'est servit de ce qu'il a put découvrir, en ce documentant sur le traffic d'armes, au sujet des trafiquants. Yuri Orlov est donc en réalité le mélange de cinq trafiquants d'armes, bien réels eux. La documentation, c'est d'ailleurs ça qui fait l'une des forces de ce film. Car Andrew Niccol n'a pas commencé son film avant d'être sur que tout ce qui y est raconté y est purement véridique. Cependant il est bon à savoir que le temps que la réalisation du film soit faite et que le film soit commercialisé, certains chiffres avaient déjà changés, et ainsi, ce n'est désormais pas une personne sur douze qui est armé sur cette Terre, mais une personne sur dix. Et quand on voit l'avancée de ses chiffres en seulement deux ans, on se dit que effectivement, ce qui est dit dans ce film est presque assurément vrai, et je dois bien avouer que ça fait peur ... très peur même. Enfin, la peur n'est peut-être pas le bon mot, mais en tout cas, c'est en voyant des films comme ça que l'on se dit que c'est pas demain que les guerres cesseront sur Terre, et l'on ressort de ce film avec l'envie de faire changer tout ça, l'envie d'essayer de stopper encore plus ce commerce. "Lord of War" est donc un film qui arrive à faire passer le message qu'il voulait faire passer, et ceci malgrès une réalisation parfois légèrement bancale, largement rattrapée par un csating époustouflant, chacun des acteurs jouant vraiment son rôle à la perfection, ce qui dans ce genre de film, est vraiment l'essentiel, le message passant principalement par l'interprétation des personnages et la narration de l'histoire.

critique écrite par Tagazok

ma note: 14/20

votre note (moyenne de vos notes): 17,33/20 (moyenne de six notes)

La réplique du film:
"- Il y a plus de 550millions d'armes à feu en circulation dans le monde. Un Homme sur douze sur cette planète, est armé, et la seule question est: comment armer les onze autres?"

# Posté le samedi 11 août 2007 17:44

Modifié le mercredi 22 octobre 2008 19:50